dimanche 8 décembre 2013

Une porte se ferme, une fenêtre s'ouvre... Bienvenue Michka et Opale !

Comment résister? :)
A peine le temps de sécher mes larmes que je dois penser à l'avenir. A ce chiot auquel je songeais déjà fortement du vivant de Clochette afin de pouvoir le former depuis ses premiers pas à sa future mission de chien thérapeute. Mais avant cela, j'attendais un coup de coeur, un vrai, un regard qui saurait me toucher comme Clochette avait pu le faire... 

Et les beaux yeux qui abritent ce regard se sont avérés être ceux de Iyashu, un berger australien rouge tricolore de 5 mois,découvert au hasard de mes périgrinations dans un élevage de la région. J'avais beau être allée au refuge, voire avoir envisagé d'autres races comme le lapinkoira (connu pour être un excellent chien thérapeute également), je n'imaginais purement et simplement pas ne plus avoir de berger australien. Mais pas n'importe lequel d'entre eux. Iyashu m'a séduite par son regard donc, ses grands yeux marrons teinté de vert, et sa réserve également aux antipodes des piles électriques que peuvent être certains autres.


Avec son jouet préféré (il faut dire qu'il est top ce jouet pour les chiots, une peluche qui fait pouic pouic,
un anneau de dentition et une corde en guise de queue !)

Quand je suis arrivée dans son élevage (le Jardin des Mahonias à St Firmin près de Nevers), j'ai été rassurée de voir que les chiots étaient élevés en famille et les liens très forts que Iyashu avait avec son éleveuse ne mentaient pas... Au point que j'ai même eu quelques remords à les séparer, même si je savais bien que c'était là son destin. Mais finalement, à peine monté dans la voiture, il s'est tout de suite réfugié sur le siège passager à côté de moi. Je n'ai pas eu le coeur de le repousser (même si je n'ai pas laissé cette habitude s'ancrer non plus par la suite) et il a finalement très vite pris ses marques quasiment dès le premier jour. Au bout de 2 jours, je n'avais déjà même plus besoin de laisse ni de longe. Il me collait aux pattes et répondait exceptionnellement bien à son nouveau nom, Michka... (du nom du conte du petit ours en peluche qui veut être un vrai ours mais décide finalement de rester un petit ours en peluche pour consoler un enfant malade).

Michka découvre Opale... Avec les bébés, même de race féline, il est
beaucoup moins dans le jappement, ou alors pour inviter à jouer
Michka et Héloïse qui s'hypnotisent mutuellement.
Ils en oublient même le plat de pâtes
exhalant son fumet juste à côté !

Michka est sur la réserve donc. Comme me l'avait bien spécifié son éleveuse, il a besoin d'être motivé et stimulé. Qu'à cela ne tienne ! En à peine 1 semaine de temps, je l'ai déjà emmené à la radio, chez des amis, à la poste, au marché couvert, au pré avec les poneys et les biquettes... Et à chaque fois il a fini par dépasser ses peurs, le + beau étant encore ce matin dans le pré, endroit où il ne voulait absolument pas aller. Il a fini, sans laisse, par venir se blottir dans mes bras et à ne pas bouger alors que le poney, l'ânesse et les chèvres l'entouraient, très curieux de ce nouvel arrivant. Il répond également très bien à l'ordre Assis, est quasiment propre même la nuit, adore jouer mais sait aussi se montrer très calme. Le chien parfait alors? Pas complètement même si je travaille particulièrement dur sur ce dernier point. Lorsqu'il a peur, il aboie, fort, et cela peut durer longtemps avant qu'il ne se lasse, les friandises (quand il arrête uniquement et revient au pied) et autres distractions ne le détournant pas de sa source d'attention première. C'est surtout Héloïse qui en fait les frais, il faut dire qu'elle le lui rend bien en feulant dès qu'il s'approche... Il n y a qu'aujourd'hui qu'elle s'est enfin un peu détendue et est revenue s'allonger sur le fauteuil comme avant en le surveillant du coin de l'oeil. 

Allez, viens jouer avec moi !
Euh, non, pas avec vous ! Enfin pas encore
en tout cas...

Y en a encore beaucoup comme ça ?

Dès demain, je l'emmène à son premier cours d'éducation à l'école du chiot. Je suis confiante sur les exercices et le parcours d'agility, passées ses premières angoisses, il ne demande qu'à me faire plaisir. C'est surtout pour lui faire voir d'autres chiens que cet exercice lui sera utile, apprendre à communiquer autrement qu'en aboyant à tout va...

Et dans la foulée, qui a également rejoint notre grande famille? Opale, un chaton de 4 mois, sitôt arrivé au refuge, sitôt adopté. Opale n'a pour l'instant pas trop profité de la vie de famille, une fin de coryza l'obligeant à rester quelques jours en quarantaine dans la salle de bains pour éviter de contaminer Héloïse (qui est vaccinée mais les risques sont quand même là). Un petit bout très dynamique, très câlin et qui n'a peur de rien lui ! Depuis hier, il est autorisé à sortir quelques heures de la salle de bains, histoire de découvrir son environnement. Une autre nouveauté que Héloïse a très moyennement apprécié également. J'espère que les choses s'arrangeront rapidement car à la base, l'idée était de lui offrir un compagnon de jeux... Enfin ce n'est pas la première fois que j'introduis de nouveaux arrivants. Il y a souvent des frictions au départ mais au final tout le monde finit par être comme cul et chemise si vous me passez l'expression :)

A suivre donc !




dimanche 1 décembre 2013

Clochette au pays des fées...



Cela fait maintenant 1 semaine que Clochette nous a quitté d'un cancer foudroyant. Je ne reviendrai pas sur ces derniers instants, elle est partie sans souffrir et en paix, c'est le + important. Cela a été très soudain et est arrivé au moment où enfin elle s'ouvrait, enfin elle aimait, enfin elle vivait... L'avenir était devant nous, je faisais déjà des plans sur la comète pour elle, elle aurait prouvé qu'elle aurait pu être un merveilleux chien thérapeute tout en étant elle, petite fée aux ailes blessées... 

Ces derniers mois ensemble ont été incroyables. Elle commençait même à faire des bêtises ! :') Elle avait trouvé sa place, s'intéressait à son entourage, était réceptive à tout ce qu'on pouvait lui donner et lui apprendre...

J'ai par principe de penser que la vie est bien faîte, que tout ce qui arrive a ses raisons que la raison ignore mais qui au final s'avère positif, mais là la pilule me parait difficile à avaler. Je trouve ça profondément injuste. Ou alors c'est que j'étais justement là pour lui apprendre à aimer, à faire confiance... Dans ses 6 années de vie dont + de 4 où elle a vécu l'enfer de l'indifférence, si ce n'est pire, j'ai été, j'ose l'espérer, la petite lumière qui lui a redonné foi en l'homme et en elle-même...

Aujourd'hui, je dois tourner la page. Je pourrais me morfondre encore longtemps à ressasser tous ces moments qu'on ne vivra jamais mais j'ai choisi la Vie. Aucun autre chien ne pourra te remplacer dans mon coeur, il y prendra simplement une place différente. Une place béante depuis que tu es partie...

Dès le début, tu m'as impressionnée. J'ai failli me noyer dans tes grands yeux qui portaient tant de peurs et d'interrogations mais aussi d'espoir. Dès cet instant où je t'ai vu au refuge, où tu m'as choisie + encore que je ne t'ai choisie, j'ai su que c'était toi et qu'on allait s'apporter autant l'une qu'à l'autre.


J'ai eu des moments de découragement, terribles même parfois, devant ces progrès qui n'arrivaient pas, devant ton indifférence, tes signes d'apaisement alors que je ne demandais qu'à t'aimer. Mais l'amour a malgré tout fait son ouvrage. Un beau matin, ou peut-être celui d'après, tu as fini par y croire quand moi je n'y croyais plus... Des pas de fourmis qui pour toi valaient des pas de géants jusqu'à en arriver à ces dernières semaines où nous étions arrivées à une si belle harmonie, une harmonie que rien ne peut effacer désormais, même pas la mort. Je sais que tu veilles encore sur moi, de ton étoile je te sens encore me protéger...



Demain, un petit nouveau rejoindra à son tour notre foyer, ce bébé que j'aurais tant voulu t'offrir, toi qui était si maternelle. Il a tout à apprendre et j'espère qu'un peu de ton esprit soufflera sur lui. Il en porte les prémisses en tout cas et quelque part j'ose croire que tu m'as aidée dans mon choix...

Pour toujours et à jamais, ta maîtresse même si toi et moi c'était bien + que cela...



Cliquez sur le lien ci-dessous pour découvrir le dernier hommage en images que j'ai voulu lui rendre...
https://apps.facebook.com/kizoa_photo/?did=7110768&kc=7292454&lang=34&t=s&title=+Clochette&description=Cr%C3%A9ez+votre+diaporama+personnalis%C3%A9+avec+Kizoa+%21&fb_action_ids=10151860118680975&fb_action_types=kizoa_photo%3Amake&fb_ref=http%3A%2F%2Fapps.facebook.com%2Fkizoa_photo%2F%3Fdid%3D7110768%26kc%3D7292454%26lang%3D34%26t%3Ds%26title%3D+Clochette%26description%3DCr%C3%A9ez+votre+diaporama+personnalis%C3%A9+avec+Kizoa+%21&fb_source=aggregation&fb_aggregation_id=288381481237582



samedi 12 octobre 2013

Intervenant professionnel en médiation animale (part 2) - La Révélation


Après tant d'émotions et de fragiles victoires, il m'est difficile de revenir ou en tout cas pas si vite. Moi qui suis rarement malade, j'inaugure d'ailleurs cette seconde rentrée avec un rhume carabiné, les psychologues apprécieront ;) De +, je vais devoir à nouveau faire ma place au sein d'un nouveau groupe (il s'agit cette fois du stage pratique, indépendant en soi de la formation précédente) et cette fois je n'ai pas les Balcons du Lac pour m'y aider... Arrivée sur place, je me rends compte que la quasi intégralité de ce nouveau groupe se connait déjà pour avoir suivi la première partie tous ensemble (celle que j'ai fait moi en avril sur l'inadaptation sociale) et la plupart sont éducateurs spécialisés. Ca commence bien... François s'enquiert en ce lundi matin de comment les projets ont évolué pour chacun depuis le dernier stage (le leur date de début septembre). Quand vient mon tour, j'ai malgré tout des choses à dire car cela a bien tourné dans ma petite tête depuis vendredi ! Notamment sur l'aspect financier du projet et sur comment concilier mon agence et cette nouvelle profession très demandante. J'exposerai les détails à ceux qui le souhaitent en privé mais ce qui compte pour l'instant, c'est que mon explication m'amène à parler de comment je gère mon agence au quotidien depuis la Bourgogne et du coeur de mon projet de zoothérapie, de ce côté rêve et imaginaire qui m'est cher et que je veux apporter sur le lieu d'accueil lui-même. Je me laisse emporter et les étoiles qui brillent alors dans mes yeux m'empêchent de voir que tout le monde me regarde comme hallucinés. C'est là que François, qui parlait précédemment de savoir se vendre, dit avec un grand sourire que tout est là avant d'enchaîner sur une pluie d'éloges me concernant comme quoi je ne suis pas là par hasard, qu'il a bien senti dès le début ma force de caractère et que je pouvais aller loin, très loin. A ces mots, dire que je tombe des nues serait un doux euphémisme. Moi qui portait mon manque d'expérience comme un fardeau qui m'empêcherait peut-être de parvenir à mes fins (ou alors en restant sur le côté animation pure), qui pensait blasphémer la terre du médico-social en parlant d'animations d'anniversaires, je réalise que c'est justement le fait d'avoir créé mon agence (entre autres expériences de mon parcours), au-delà du côté financier, qui m'a forgée pour pouvoir ouvrir prochainement mon centre de Médiation animale, qui me donne le droit, comme dit François "de rêver en couleurs". Il dit que c'est justement parce que je l'ai déjà réalisé (en créant cette agence notamment) que je deviens crédible et que tous mes jolis rêves ne sont qu'à un pas de la réalité (ce qui n'empêche pas comme je disais dans le post précédent de travailler en équipe avec des personnes ayant une expérience de terrain avec mes futurs "patients"). Lui d'ailleurs est un sacré phénomène dans son genre. Explorateur du grand Nord, musher (leader de chiens de traineaux), écrivain, entrepreneur, artiste à ses heures, c'est le type de personne "qui ne savait pas que c'était impossible alors ils l'ont fait". Un sacré personnage avec bien des défauts mais qui, par ces mots, m'a apporté ce que des milliers d'heures de formation n'auraient pas suffi à me faire acquérir: la légitimité.

La semaine commence donc sur les chapeaux de roue ! La question de mon intégration ne se pose même plus, tout le monde vient me poser des questions, cygne au milieu des cygnes... Tout reste à prouver cependant. Il s'agit du stage pratique et, même si finalement on passera beaucoup de temps en palabres, il s'agit de montrer ce que l'on a acquis. François revient sur le cas de Fabien, 3 ans et demi (que les autres n'ont pas eu à leur dernière formation). Heureusement, faute de temps je ne l'avais pas fini et je me plonge donc dans le montage de la séance type de 2 heures que l'on pourrait faire avec cet enfant là. J'avais noté dans les objectifs pour Fabien le "prendre soin de soi" (notamment car il arrive toujours tout sale et négligé aux séances d'observation et qu'il se lasse très vite du brossage du poney comme s'il n'en voyait pas l'intérêt). Comme souvent dès que j'ai défini mon angle (que ce soit ici ou dans mes animations), je pars dans une sorte de transe où je déroule mon fil: en très résumé, faire avec lui la cage des lapins et montrer leur contentement, faire un jeu sur table représentant l'extérieur du Centre et cacher des images des objets de soin du poney dans un but de stimulation langagière et cognitive d'une part et ensuite partir avec Fabien rechercher les vrais objets cachés aux mêmes endroits dans le Centre (stimulation de la mémoire et motivation affective car le parcours se fait avec le chien qu'aime Fabien et que des croquettes sont cachées comme autant de "cadeaux de Fabien" avec chaque brosse ou cure-pied trouvé), panser le poney avec ces nouveaux trésors (afin de valoriser le geste de soin) et faire ensuite un exercice de relaxation sur le poney autour du bruit des sabots. Finir en brossant les lapins et en faisant se brosser Fabien avec sa brosse à lui pour faire jouer l'effet miroir et le bien-être qui en découle). Je suis globalement contente de moi mais hésite malgré tout à partager mes conclusions, de peur encore une fois de trop verser dans le côté animation. Les autres attendent mes idées de pied ferme en tout cas et François ne me laisse de toute façon pas le choix ;) J'expose donc ma séance en insistant sur les objectifs visés et là encore, grand silence rompu par "mais où vas-tu chercher tout ça?" de Nelly, une des stagiaires qui deviendra ma grande amie :) Les autres aussi ont de très bonnes idées ce qui permet de nous rendre compte si besoin est de l'intérêt de travailler en équipe lorsque l'on sera installé.

Bingo et Daïka ont eux aussi droit à leur pause ;)

Le lendemain, on place la barre un peu + haut encore ! Nous sommes de nouveau avec André, François est là également et c'est l'heure du jeu de rôle. Personne ne se dévoue et c'est François qui me désigne d'office en me disant de mettre en application ce que j'ai proposé la veille. Là je panique mais m'exécute quand même, une fois encore je n'ai pas vraiment le choix ;) Je réunis tant bien que mal le matériel nécessaire et teste mon idée grandeur nature avec un enfant (une stagiaire qui joue le jeu) plutôt récalcitrant (comme je serai amenée à en avoir donc autant m'y faire tout de suite!). Je le motive tant bien que mal sur l'exercice (c'est un peu complexe car toute la partie préliminaire avec le jeu de plateau n'a pas été faite, on fait juste la partie de la recherche des trésors avec le chien donc je ne peux pas mettre en avant l'intérêt thérapeutique du lien qui était volontairement créé entre les 2) mais par contre il a à un moment une réaction très spontanée avec laquelle je me retrouverai confrontée un jour à coup sûr: quand il trouve la brosse du poney, il se met à brosser le chien avec, se détournant du coup de l'exercice. Sur le coup je reste quelque peu démunie et bien entendu les solutions me viennent une fois la simulation terminée. En tout cas, je trouve l'expérience vraiment intéressante et réalise qu'il ne faut pas "faire pour faire" (même si on est très fiers de ce qu'on a préparé lol), ce qui est une tendance chez moi (même dans mes animations) que je trouve là l'occasion de dépasser. Pour faire retomber la pression, je me porte cette fois volontiers volontaire pour incarner une petite fille en rivalité constante avec son frère et prend beaucoup de plaisir à mon tour à faire tourner l'intervenant (une autre stagiaire) en bourrique :-p

La formation se conclut à nouveau avec Cécile et ses ânes. Nous nous mettons cette fois dans la peau de personnes handicapées pour ressentir physiquement ce contact avec l'animal, une fois en nous installant dans un fauteuil roulant et tenant l'âne au licol le temps d'une promenade à hauteur de museau, et une fois les yeux bandés comme des aveugles, accrochés au cou de l'âne sur un parcours donné. Une jolie façon de terminer cette formation pratique et de faire le grand saut à notre tour dans notre future installation... ¨Prochaine étape maintenant: continuer ces cas pratiques à la maison avec de véritables enfants (notamment en soutien scolaire) dès que la salle d'éveil sera en place (début janvier au + tard, n'est-ce pas Alex? ;))) et rendre ensuite mon mémoire sur la base de ces cas concrets afin d'obtenir ma certification d'Intervenante Professionnelle en Médiation Animale. Suivi d'un stage pratique en avril avec Clochette et Toto sur la formation des chiens médiateurs (sachant que j'ai déjà pas mal de choses à leur faire bosser avant mais maintenant au moins je connais mes objectifs !).

La route est longue, cahoteuse, les choses ne vont pas toujours au rythme où je voudrais qu'elles aillent mais lorsque je regarde le chemin parcouru ne serait-ce que depuis le mois d'avril avec tous ces stages, rencontres et expériences, je me dis que ce n'est pas sans raison. Même si là je brûle d'envie de me lancer le plus rapidement possible pour mettre en application tout ce que j'ai appris ces derniers temps, je sais que la graine germera en son temps et que la fleur n'en sera que plus magnifique...

Vue des Balcons du Lac

Intervenant professionnel en médiation animale (part 1) - L'Approfondissement


Ca y est, je rentre tout juste de la 2è et dernière partie de ma formation à l'IFZ (Institut Français de Zoothérapie) en Isère. 2 semaines extrêmement riches dans tous les domaines et quelques peu inrésumables dans leur globalité donc pour une fois je m'en tiendrai aux faits :)

Qu'est-ce donc déjà que ce titre d'Intervenant Professionnel en Médiation Animale? On nous appelle également zoothérapeutes mais pour avoir le droit de porter ce nom, il faut déjà être thérapeute et pourtant s'il y a une chose que j'ai bien retenu de ces 2 semaines c'est que chacun a sa richesse à y apporter (bon ok, je vais être un petit peu personnelle finalement ;))

La Médiation Animale, c'est faire intervenir l'animal en tant que médiateur dans une relation triangulaire, intervenant, patient, et animal dans un but moteur, psychologique, cognitif, éducatif, affectif... En clair que l'animal, par sa simple présence ou par des ateliers spécifiques avec la personne en difficulté, permette d'atteindre l'objectif qui a été fixé par le thérapeute ou intervenant (après concertation de l'équipe thérapeutique ou éducative entourant habituellement la personne). Cela peut aller du soutien scolaire à la rééducation physique en passant par le développement de l'autonomie, le repérage dans l'espace, la psychomotricité fine nécessaire dans les gestes du quotidien, la prise de confiance en soi, le travail de la mémoire... Les champs d'applications sont infinis.

Pour + de détails, il vous faudra lire mon (futur) mémoire (qui valide la formation et permet d'obtenir le certificat de l'Institut et par là même le titre d'Intervenant Professionnel en Médiation Animale) mais vous trouverez déjà ci-dessous un aperçu de la formation telle que je l'ai vécue (+ particulièrement basée sur le "Trouble des apprentissages").

Le lundi, présentation des stagiaires et des projets respectifs de chacun. Certains sont éducateurs spécialisés, d'autres infirmières ou auxiliaires de vie, une autre a une pension pour chiens... Une seule institutrice bizarrement. La plupart en tout cas sont dans le médico-social et je me sens à nouveau toute petite quand mon tour est venu de me présenter en tant qu'animatrice pour enfants et créatrice d'une agence de goûters d'anniversaires. On m'a tellement claironnée qu'il ne s'agissait aucunement "d'occuper" les patients mais bien de répondre à leurs problématiques que je me sens d'office stigmatisée par mes compétences et mon approche ludique des choses. J'ai d'ailleurs bien tort mais à ce moment là je l'ignore. L'après-midi, place à la théorie concernant les troubles des apprentissages en eux-mêmes (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie et autres dysfonctionnements de la fonction cognitive), les différentes façons d'utiliser l'animal pour répondre à ces troubles, et l'éthologie canine.

Le mardi, on joue ! Pour la bonne cause bien sûr. En zoothérapie, on ne travaille pas qu'avec l'animal, on travaille également autour en proposant par exemple à la personne en difficulté une façon de répondre à ses troubles sous forme de jeux (par exemple, un Mémory pour travailler la mémoire mais cela peut être bien + complexe/recherché) mais toujours autour du côté rassurant de l'animal avec lequel le patient a créé un lien (par exemple, en lui faisant faire un puzzle représentant Bingo, le chien médiateur qu'il a été promener en laisse juste avant, qui, sous couvert d'amusement, fait travailler le schéma corporel). François Beiger, le formateur (et créateur de l'IFZ) nous sort différents jeux de la salle d'éveil, à nous de réfléchir à l'utilité de chaque jeu pour chaque catégorie de patient et la façon de l'utiliser, voire de le détourner pour répondre à nos objectifs avec ce patient. Nous abordons ce jour la partie concrète des choses: que faire pour répondre à un trouble donné? C'est là que je commence à réaliser que ma créativité d'animatrice pourrait finalement être bien utile...

La découverte du Sulky

Le mercredi, après 2 jours sur les bancs de l'école à prendre des pages de notes, nous rentrons dans le concret avec le contact direct à l'animal. Oscar en l'occurrence, un poney de 25 ans, multi-champion d'attelage, avec lequel nous allons découvrir les joies (et l'intérêt thérapeutique) du sulky. Marie, l'intervenante et son compagnon Denis sont de vrais passionnés et nous le transmettent sans peine. Comme nos futurs patients, nous pansons le poney. Là aussi, le but n'est pas d'apprendre à curer les pieds d'un cheval (même si un petit rappel est bien utile!) mais de se projeter avec son patient, comment et pourquoi on fait les choses, pourquoi on va utiliser avec ce patient telle brosse et pas une autre pour travailler tel objectif. Et heureusement car, après avoir appris à mener chacun à notre tour le sulky tiré par Oscar, Marie nous dit qu'il faut au moins un galop 5 et un diplôme de cocher pour avoir le droit d'en conduire un (sur la voie publique). Déception donc mais l'approche douce du cheval, elle, restera.

L'après-midi, c'est au tour d'André, éducateur canin, de nous transmettre sa passion et sa méthode très particulière pour obtenir ce qu'il veut de ses chiens (et d'autres). Là aussi la méthode est douce (pas de maître mais un "meneur" comme en danse) et les résultats assez spectaculaires. Je reviendrai d'ailleurs en avril avec Clochette et Toto pour un stage spécial chien médiateur (car comme il dit, on ira jusqu'où on peut aller avec chacun dans le respect de leur personnalité respective).

Le jeudi, la pression monte. François nous passe un cas concret, un enfant qui est passé par le Centre du temps où celui-ci en recevait encore. Fabien, 3 ans et demi, un petit bonhomme bien dégourdi mais à la fois surinvesti et négligé par sa mère qui le verrait bien rester éternellement un bébé (la dite maman a d'ailleurs fait placer volontairement ses 2 autres enfants dès qu'ils ont été trop "grands" pour elle). L'enfant a de gros problèmes d'élocution, un développement psycho-moteur incertain, un certain manque de confiance en lui, est très agité et a du mal à se concentrer + de quelques minutes. Après avoir étudié son anamnèse (fiche signalétique et historique) et lu le contenu des 3 séances préliminaires d'observation, nous devons identifier la(les) problématiques du patient mais aussi ses points forts, et de là définir 4 grands objectifs de travail et les ateliers spécifiques à mettre en place avec l'animal et en salle d'éveil pour répondre à ces objectifs. Nous passons un par un à l'oral pour transmettre nos conclusions. J'en tremble mais je passe l'épreuve finalement haut la main. Comme quoi, je ne suis peut-être pas psychologue mais j'ai le sens de l'analyse :) L'après-midi est + détendu. Nous parlons concrètement de comment monter notre projet, les étapes administratives, le matériel de sécurité, le budget et ce que l'on peut espérer gagner de cette profession (en un mot, réservé aux passionnés...). François nous montre également des mémoires d'anciens stagiaires pour savoir ce qu'il attend et le parcours réalisé par chacun.

Prêt à travailler !

Pour le dernier jour, nous sommes de nouveau dehors, cette fois avec Cécile (une ancienne stagiaire, cadre dans une entreprise qui après un burn-out a décidé d'ouvrir son asinerie (sorte de centre équestre mais avec des ânes) et autant vous dire qu'elle rayonne aujourd'hui!) et les ânes du centre. Le but est déjà d'apprendre à connaître ce fabuleux animal pour mieux appréhender ce que l'on peut faire (ou non) avec. Cette fois, c'est sous forme de jeux de rôles que nous faisons notre apprentissage, l'âne (ou le chien car André nous a rejoint entre temps), l'intervenant et le patient (joué par un stagiaire). Pour l'avoir déjà testé lors de ma première formation, je me confie d'office à André en lui disant que je sais que je serai beaucoup + efficace dans les conditions du réel mais là, me sentir jugée par les autres sur un exercice avec du matériel, des lieux, et des animaux qui ne sont pas les miens, je sens déjà que mon cerveau va "bugger" et que je risque de donner une piètre image de ce que je suis vraiment capable de faire. C'est là qu'il me sort LA phrase qui va tout changer: "il faut partir de son métier de base". D'un coup, c'est comme si toutes mes synapses entraient en connexion. Je propose le cas d'un enfant allergique à la lecture et me vient tout de suite tout un parcours basé sur le principe de la chasse aux trésors, un domaine que je connais bien en tant qu'animatrice. Le jeu commence. J'accueille l'enfant. La stagiaire joue bien son rôle et me dit d'entrée "j'veux pas lire!" et là je détourne la chose en lui disant que pas du tout, qu'aujourd'hui on va faire une surprise à Daïka (un des chiens médiateurs). Pour cela, j'ai caché des croquettes sous différents plots et sous chaque plot un petit mot indiquant sous forme d'énigme la cachette suivante. L'enfant doit faire tout le parcours avec le chien en laisse. Résultat: l'enfant se sent valorisé d'apporter ce cadeau à son ami à 4 pattes, il lit mais dans le plaisir et en comprend l'utilité et l'intérêt qu'il peut en retirer. Pendant le jeu en tout cas, je suis tellement convaincue que la stagiaire s'y laisse prendre et j'en oublie d'ailleurs qu'il ne s'agit pas d'un véritable enfant et que toute la classe nous regarde. André me dit à la fin que voilà, ce n'est pas plus compliqué que cela. Une évidence pour lui mais une prise de conscience énorme pour moi qui me prépare sans que je le sache encore à une 2è semaine riche en rebondissements !

A suivre... ;)

C'est l'heure de rentrer les oies
aux Balcons du Lac :)
(où j'étais hébergée avec les autres stagiaires)


jeudi 12 septembre 2013

Une pause tout simplement :)


"Une pause? Après les vacances? Ce ne serait pas un peu abuser des bonnes choses? Et puis une pause de quoi? Depuis juillet, on n'a pas trop vu avancer les travaux nous..."

Hey oui, je l'avoue, et j'avoue d'ailleurs avoir hésité à la prendre, n'en ressentant pas spécialement le besoin après un très bel été déjà, mais finalement j'en suis ressortie encore + ressourcée et ancrée dans les convictions qui ont mené ma vie jusqu'alors. Et en ce qui concerne les travaux, c'est parce que je ne vous ai pas partagé ce qui se trame sous l'iceberg ! Je le révèlerai au fur et à mesure car mine de rien on n'a pas chômé cet été ! Il y aura d'ailleurs une très grosse avancée concrète en octobre.


Mais retour à la pause... Après le Hameau des Buis, c'est au centre des Amanins que nous avons posé notre baluchon quelque jour. Les Amanins, un centre agro-écologique pilote à quelques kilomètres de Valence initié par Pierre Rabhi (encore lui!) et un entrepreneur du nom de Michel Valentin (décédé depuis peu mais son âme hante définitivement les lieux!). Le programme? Quel programme? On a dit pauuuuse ! Bon, ça aurait quand même été dommage d'aller dans un lieu comme celui-ci pour rester les pieds en éventail et heureusement pour l'hyperactive que je suis, de nombreuses activités étaient proposées à notre convenance: traite des brebis, confection du pain, de fromage de chèvre...

D'ailleurs, je viens à peine d'arriver (avant l'heure normale d'accueil) que oh, un atelier de création de briques en terre crûe ! Me voilà, après une visite en bonne et dûe forme des installations et des diverses éco-constructions du lieu, à fourrer l'argile mouillé, de la simple terre finalement et de l'eau, dans un moule. Un coup de levier, et hop! Voilà une brique ! Bon, il faudrait y passer un certain temps pour construire une maison entière comme ils l'ont fait (et le procédé a aussi ses limites en terme de durabilité comme notre guide nous explique) mais tout de même, se dire que finalement, avec ce qu'on trouve sur place, on peut construire une maison, ça laisse pensif...

Sur ces entrefaites, le reste du groupe arrive dont Carine, une très bonne amie à moi qui m'a incitée à m'inscrire d'ailleurs. Nous partons nous installer dans nos cabanes dans les bois ("la petite maison dans la prairie" annonce la nôtre :)) avant d'être appelées pour le bon repas, bio et du jardin forcément sous une très agréable tonnelle encore du nom de Michel Valentin... Place aux choses sérieuses maintenant ! Le jeu ! Mais pas n'importe lequel, des jeux coopératifs pour apprendre à se connaître les uns les autres et à briser la glace à force grimaces et défis collectifs. Une méthode incroyablement efficace. En quelques minutes, tout le monde connaît le nom des 25 et quelques participants et les conversations vont bon train le lendemain. Il faut dire que ces personnes ne sont pas venues par hasard. Comme nous l'apprend un autre jeu, elles viennent de toute la France et toutes les générations sont au rdv dont un certain Paul, en fauteuil roulant, extrêmement touchant. Certaines, comme moi, sont porteuses de projets, d'autres y aspirent, d'autres encore sont juste venus se ressourcer ou reprendre espoir dans l'humanité, mais tous apportent leur richesse au groupe. Moi qui ait habituellement du mal à me faire ma place dans un groupe, là les choses se font très naturellement.

L'arbre à palabres :)
Mais retour à nos moutons, ou plutôt nos brebis.. Vendredi, 6h30. Motivée ! Je me suis inscrite à la traite des brebis. Le réveil est difficile mais ce n'est pas tous les jours qu'on peut vivre ce genre d'expérience. Je suis un peu déçue néanmoins car la traite se fait avec une machine, limitant le contact avec l'animal. Cela ne la rend pas moins ardue pour autant et je suis bien contente d'avoir choisi de créer une ferme thérapeutique et non pédagogique ;) Je me nourris du moindre détail malgré tout, pendue aux lèvres de Michel, le salarié de l'association. Après le petit dej, je rejoins, quelque peu ensommeillée, le reste du groupe pour la visite officielle du lieu, visite qui commence par une visite de nous-mêmes sous "l'arbre à palabres", un magnifique mûrier propice aux confidences... Chacun se présente, explique son parcours, pourquoi il est là, ce qui le fait vibrer dans la vie. Beaucoup aiment chanter et Olivier l'animateur nous dit qu'on ne va pas échapper à la soirée chorale ! Il n'aura pas tort ;) Il nous annonce également la venue surprise le lendemain d'une autre chanteuse, une certaine Camille, égérie de la Nouvelle vague de la chanson française. Carine manque tomber de sa chaise (euh, sa botte de foin), elle l'adore. Moi je ne demande qu'à découvrir :) Olivier nous emmène ensuite pour la visite en elle-même incluant l'école (tenue par Isabelle, la compagne de Michel Valentin, qui n'applique pas les mêmes méthodes qu'au Hameau des Buis, sa pédagogie étant basée sur la coopération mais autour d'une transmission plus classique, j'y reviendrai plus tard), les jardins, les éco-constructions, la ferme... Il nous explique le montage du projet et nous raconte la vie du fameux Michel Valentin, entrepreneur à qui tout réussissait sauf donner un sens à sa vie. Jusqu'à ce qu'il rencontre Pierre Rabhi. Un "coup de foudre" qui se traduit par un lieu à l'image des 2 hommes, teinté d'humanisme et d'ambition. Olivier nous explique d'ailleurs, non sans humour, que les bénévoles attirés par le chantier étaient tombés de haut en travaillant sous les ordres de Michel. Eux qui, attirés par l'image de Pierre Rabhi étaient dans la coolitude, l'amour universel et tout le tintouin, ont vite déchanté ! Beaucoup sont partis, Michel a dû se remettre en question, en quelque sorte se construire lui aussi à travers ce lieu sans se départir pour autant de la poigne qui fait d'un doux rêve un succès concret. Michel Valentin a investi une bonne partie de sa fortune, tenant le lieu sous "perfusion" monétaire dans l'attente d'un futur équilibre qui tardait à venir. C'est alors qu'il a été emporté, sans que personne ne s'y attende, par une crise cardiaque lors d'un trek au sommet des montagnes l'année dernière... Au-delà du choc que cela a représenté pour l'équipe, il a fallu réaliser l'impossible, à savoir arriver à ce fameux équilibre en quelques mois à peine. La mission est aujourd'hui accomplie et le lieu ne désemplit pas poussé par une ambitieuse stratégie marketing. Comme quoi, le monde du coeur et des finances peut faire bon ménage... En l'écoutant parler, toute fatiguée que j'étais, je ressentais une forte énergie en moi, impressionnée par cet homme et m'y reconnaissant à la fois. Qui sait où j'en serai dans une vingtaine d'années ! Moi qui me sens souvent déchirée entre ce côté business et le versant + artistique des choses, d'un coup beaucoup de choses ont pris sens...


Après tant d'émotions, place encore à un bon repas puis à une nouvelle session de jeux coopératifs avec Delphine cette fois. Le principe des jeux coopératifs est simple: si une personne du groupe perd, tout le monde perd. La clé pour gagner est donc de s'entraider ! Démonstration est faîte à travers différents jeux qu'il serait trop long de détailler ici allant d'une mouche à un tapis volant en passant par une canne magique... Vous vous doutez bien que je prends des notes !! A la fin de l'activité, je rejoins Fabienne, une woofeuse (une bénévole si vous préférez) chargée du soin aux animaux: cochons, brebis, vaches, poules m'accompagnent jusqu'à l'heure du dîner, dîner suivi d'un film documentaire sur l'école du lieu, l'école dîte du Colibri (à défaut de pouvoir la visiter en vrai pour ne pas déranger les élèves).

L'école des colibris
Cette école a donc été fondée par Isabelle, la veuve de Michel Valentin comme je le disais plus haut. La différence avec Sophie Rabhi, et le choix de son approche j'imagine, est qu'elle est institutrice de métier (contrairement à Sophie qui s'est formée directement à la méthode Montessori sans passer par la case IUFM). Ses cours sont donc + académiques tout en privilégiant le bien-être et les capacités naturelles de l'enfant. En effet, Isabelle accorde une grande importance à la Coopération (décidément, ce sera le mot fort du séjour!). Après avoir expliqué les consignes, elle laisse les enfants réfléchir individuellement à la solution puis confronter leurs idées et résultats en petits groupes, ce qui important le + étant la façon d'arriver à ce résultat et non pas ce dernier. Elle met également l'accent sur les 8 formes d'intelligence (logico-mathématique, littéraire, visio-spatiale, musicale, naturaliste, kinéstésique etc) quand l'école classique se résume et ne note que sur la base des 2 premières. Ainsi, chaque enfant identifie rapidement ses points forts et ses points faibles et trouve sa place dans le groupe sans jugement, tous étant complémentaires au final. La semaine est également ponctuée de grands moments démocratiques où les enfants sont invités comme au Hameau des Buis à évoquer leurs petits conflits avec les autres élèves (en les rejouant sous forme de petite scène de théâtre pour que chacun puisse donner son avis!), à discuter le fonctionnement de l'école, la répartition des tâches etc. Je pourrai faire à nouveau un post entier sur ce sujet mais, celui-ci étant déjà long, je vous invite si vous voulez en savoir + à vous procurer le film "Quels enfants laisserons-nous à la planète?". A la sortie, les yeux brillent dans le noir et les commentaires enthousiastes fusent mais cela n'empêchera personne, et surtout pas moi (!), de rejoindre rapidement les bras de Morphée car une très belle journée nous attend...

Pierre et Olivier.
Je vous laisse deviner qui est qui! ;)
Samedi, 8h30. Le point d'orgue du séjour est arrivé, la fameuse rencontre avec Pierre Rabhi. Alex, qui a enfin pu quitter son travail entre temps, vient de nous rejoindre, juste à temps pour apercevoir Pierre, 54 kilos tout mouillé comme il le dit lui-même, venu nous éclairer en toute simplicité de son expérience. C'est alors qu'arrive la fameuse Camille, là aussi avec cette même décontraction, son bébé au sein, accompagnée de sa belle-mère, son mari Clément, et son autre enfant Marius, 4 ans. Comme nous, elle écoutera Pierre religieusement, définitivement portée par ses idées. Religieusement mais non dévotement. Le principal intéressé nous précise dès le départ qu'il n'est que le symbole de quelque chose de bien plus grand que lui. Il ne nous cache pas non plus son pessimisme pour l'avenir ou en tout cas l'urgence absolue de la situation et le rôle que nous avons tous à jouer dans cette (R)évolution. La rencontre se poursuit dans l'après-midi, cette fois autour des questions des participants, et en cadeau final, Camille, qui, en toute modestie, souhaite offrir à Pierre et à l'ensemble de notre groupe quelques unes de ses chansons. Le petit bout de femme se place au milieu du cercle et a à peine ouvert la bouche (et la boîte à rythmes de son corps) qu'elle nous a déjà tous envoûtés. Son mari, musicien, la rejoint sur quelques morceaux à la guitare et ce moment de grâce se conclue sur la chorale improvisée qu'elle nous fait devenir sur d'étranges mélodies. Un bien bel univers et une belle personne qui restera avec nous le reste de l'après-midi, je babysitterai même son fils de 4 ans ! ;)

Un ange passe...
Encore portés par cette belle énergie, et leadés par Carine, qui a emmené son accordéon (et son don pour rassembler les gens :)), l'intermède musical ne fait que commencer ! Après le dîner, ceux qui le souhaitent sont invités à chanter et danser. Je finis par me lancer, tremblante, me demandant ce que l'acoustique de la salle va encore me réserver comme surprise, et invite le groupe au-delà de l'arc-en-ciel, "Somewhere over the rainbow". Dès la première note, je sens que quelque chose de magique est en train de se passer, quelque chose qui dépasse mon petit ego. Un silence religieux se fait ressentir et me donne des ailes. Le tonnerre d'applaudissements qui en découle me renverse de stupeur et de bonheur et je chanterai ensuite à tue-tête  
sur un peu toutes les chansons, juste pour le plaisir d'être là; avec le groupe, d'y apporter ma voix :) Tout le monde est épanoui, et même Fred, un des participants les plus pessimistes et sceptiques au départ, s'en donne à coeur joie sur des chants de marin. Il rayonne, tout le monde rayonne, conscients de vivre un très beau moment d'éternité. A la demande générale, je conclus la soirée sur un "Amazing grace" qui leur va droit au coeur mais je ne sais pas encore à quel point... C'est "singing in the rain" que nous rejoignons en riant et sous une pluie battante nos cabanes...


Dimanche, 9h30. Bon là c'est loupé pour le petit dej et de toute façon la pluie n'a pas arrêté de tomber. Nous sommes censés visiter + en détails le jardin avec Alejo le maraîcher mais cela nous semble compromis (ça nous donnera une bonne occasion de revenir!). Alex, Carine, et moi  préférons finalement nous réchauffer autour d'un bon jeu de société, lui aussi coopératif of course. Un jeu où il faut reproduire le plus vite possible des figures en 3D avec des formes en bois, clairement quelque chose qui ne fait pas appel à mon type d'intelligence lol. Mais finalement je m'amuse tout autant que tout le monde et use de mes autres intelligences pour perdre avec dignité ;) Le séjour touche à sa fin. Nous avons tous l'impression d'avoir vécu des moments très intenses et l'émotion est d'ailleurs palpable lors du cercle de clôture. Chacun repart avec quelque chose de fort, comme nous sommes invités à l'exprimer à tour de rôle. Un exercice qui d'habitude me plonge dans une profonde panique, mais quand vient mon tour finalement les mots sortent d'eux-mêmes, indifférents à ceux auxquels j'avais réfléchi en attendant mon tour... Fred est plus serein que jamais, le doyen Paul a un sourire qui ne le quitte plus, même Alex qui est arrivé au milieu de l'aventure en ressort profondément marqué par tant d'humanité. A l'issue du cercle, Olivier nous dit que la coûtume est de refermer le cercle avec quelques notes de musique suivi d'un moment de silence et demande qui veut se lancer. Et là, tous les regards se portent comme un seul homme vers moi et ce qui me vient spontanément c'est la chanson de mon colibri personnel, celle d'Elsee... Pendant le moment de silence, je m'imprègne de cette Evidence et cela m'émeut profondément. Ceux qui me connaissent savent à quel point j'aime chanter, dépasser ma timidité pour monter sur scène. Jusque là je le voyais comme un combat, quelque chose à gagner à la force du poignet, "Ecoutez-moi!" semblais-je crier (pas toujours juste d'ailleurs...). Mais là c'était très différent. J'ai profondément ressenti que cet amour du chant faisait partie du "package" que j'offrais au monde, une des clés pour y trouver ma place. J'ai senti dans mes tripes l'effet que ma voix, et à travers elle mon univers et mon histoire, pouvait avoir sur les autres, le bien même que cela pouvait faire à certaines personnes lorsqu'elle était donnée sans rien attendre en retour. Cela m'a retournée. Retournée, apaisée, et confortée dans la juste place qu'elle venait de trouver dans ma vie. Je n'aurai plus jamais peur car l'essentiel est ailleurs que dans la performance... 


C'est sur cette note de profonde harmonie qu'Alex et moi avons quitté, non sans une petite larme les Amanins, cette pause pour mieux repartir, plus sereins et déterminés que jamais pour apporter notre petite goutte de colibri à cette révolution qui n'attend que nous...


lundi 5 août 2013

Le jour où la Terre arrêta de tourner autour du soleil... (la découverte du Hameau des Buis)




"Va dans ta chambre !",  "Arrête de pleurer, je t'ai mis cette fessée pour ton bien !", "Si tu n'as pas fini tes devoirs, tu seras puni de dessert !", "Arrête de taper ton frère où je t'en mets une !',  "Tu as eu une bonne note ! Tu es la meilleure ! Ta soeur devrait prendre exemple...", "Il est moche ton dessin ! Il ne représente rien". Cela vous semble familier ? Il ne s'agit que de quelques exemples de ce qu'on appelle la violence éducative ordinaire. Une violence communément admise que ce soit dans les mots ou dans les gestes et que l'on reproduit de génération en génération, par habitude, fidélité à nos modèles, ou vive réaction émotionnelle qui vient à bout des + sincères envies de bien faire... Apprendre à communiquer, à faire valoir nos besoins, nos blessures, et à reconnaître ceux des autres, une matière que l'on n'apprend pas à l'école et qui, d'après de nombreuses études, peut pourtant avoir des conséquences dramatiques allant jusqu'au fascisme. Enfin pas à l'école comme on la connaît tout du moins... Imaginez maintenant un monde bien différent. Un monde où l'on part des besoins et de la curiosité naturelle de l'enfant, où on fait confiance à ce dernier d'égal à égal, où l'on n'attend rien de lui si ce n'est son épanouissement. Un monde où l'on apprend à son rythme, de façon ludique aussi bien les maths et le français que l'élevage de chèvres, le tannage du cuir ou la construction de cabanes selon les aspirations de chacun. Un monde où la liberté s'arrête seulement où commence celle des autres, un monde d'où sortent de futurs adultes qui pensent par eux-mêmes et sont + à même de s'adapter aux bouleversements que connaît notre planète et à créer un monde meilleur pour les générations futures juste en vivant leur être profond... Bienvenue au Hameau des Buis.



Poussée par la curiosité suite à la lecture d'un article sur la + forte capacité du cerveau à retenir l'information dès lors que cet apprentissage se fait de façon enthousiaste, je découvre il y a quelques mois après moult recherches ce lieu magique perdu au milieu des gorges ardéchoises. Quand j'apprends en + que son instigatrice n'est autre que Sophie Rabhi, la fille du fameux Pierre Rabhi à l'origine notamment du mouvement des Colibris auquel j'adhérerai peu de temps après, l'Evidence est trop forte pour passer à côté. Je m'inscris au stage "Pédagogies alternatives" afin d'acquérir je l'espère une vision globale de cette autre façon d'apprendre...

L'apprentissage des multiplications et des racines carrées...

Le stage a lieu au Hameau des Buis, un éco-village relié très étroitement au projet éducatif. Une vingtaine de logements hautement écologiques accueillent une cinquantaine d'habitants dont une majorité de personnes âgées qui viennent transmettre si elles le souhaitent leurs savoirs et expériences aux enfants lors d'ateliers. Un lien inter-générationnel au coeur du projet.

Toitures végétales

Le 1er jour nous est proposé une visite guidée du lieu par Marco, un des habitants et bénévole. Il nous apprend notamment que les maisons, en bardage bois, ont une isolation à base de bottes de paille (ainsi que d'autres systèmes ingénieux comme un des murs en pierre recouvert par une vitre afin de créer un phénomène naturel de convection. L'isolation est telle qu'un simple petit poêle à bois allumé 1 heure au coeur de l'hiver permet de chauffer la maison entière pour 3 jours!!), les toits sont couverts de végétation toujours pour ces raisons d'isolation, les toilettes sont sèches ou gérées par de charmants vers de terre (qui transforment nos déjections en caviar de compost pour plate-bandes fleuries), plusieurs bassins de phyto-épuration (filtration des déchets par les plantes) assurent le traitement des eaux (pas l'eau potable par contre), et les logements sont gérés par un système de prêt par les résidents (125000 euros restitués lorsque la personne part ou à ses descendants en cas de décès + un loyer modéré à payer chaque mois, ce qui a permis au projet de sortir de terre aidé par + de 1500 bénévoles que se sont relayés au cours de plusieurs années de chantier...). Les ressources sont par ailleurs mutualisées, espace menuiserie pour fabriquer ses meubles si on le souhaite, voitures (même s'ils rencontrent encore quelques résistances, la voiture restant apparemment un sujet sensible même parmi les éco-idéalistes), machines à laver... Les bénévoles et autres habitants (dont Sophie, son conjoint et ses 4 enfants) sont eux logés en yourte ou en caravane.

Un des enclos des chèvres est attenant à la cour de récréation
 L'école La Ferme des Enfants accueille, en + de ses charmants animaux (poules, chèvres, cochons, poneys) non pas des élèves mais des explorateurs en herbe de la maternelle au collège. Ici pas d'heures de cours sagement assis devant un professeur mais des plateaux, à hauteur d'enfant, proposant divers matériels pédagogiques de la méthode Montessori, une méthode prônant l'apprentissage naturel et sensoriel des concepts (par exemple, une petite barre en bois qui représente le 1 et une de 10 fois sa taille qui représente le 10 ce qui permet à l'enfant d'appréhender dans son corps et dès un très jeune âge, l'écart entre les nombres jusqu'à des opérations mathématiques très complexes). C'est l'enfant qui choisit l'activité vers laquelle il se sent attiré. Un éducateur lui montre comment utiliser le matériel (le rapport affectif à l'éducateur et le soin apporté à cette présentation sont fondamentales pour intéresser l'enfant), le fait une première fois avec l'enfant, avant de le laisser faire tout seul. La devise de cette méthode est d'ailleurs "Aide-moi à faire tout seul". L'après-midi, les enfants choisissent leur atelier (s'occuper des animaux, poterie, peinture, musique, décoration, jardinage, les possibilités sont infinies). Il n y a pas de notes ou d'évaluations quelconques sauf pour ceux qui s'apprêtent à rentrer au lycée ou en font la demande. Car la grande force de ce système est que les enfants ont voix au chapitre. Chaque vendredi, l'école tient d'ailleurs son Conseil où sont évoqués les petits conflits du quotidien (chaque enfant est invité au moindre désaccord, souci avec un autre enfant, ou simple question, à laisser au cours de la semaine un mot dans la "boite à mots") et chaque sujet est traité très sérieusement de façon démocratique où chacun a 1 voix, enfant comme adulte. Le Centre est donc continuellement en mouvement et sait se remettre en question quand il le faut que ce soit dans la façon d'accompagner l'enfant ou dans les relations avec les résidents du Hameau. Sophie et Chafika, les 2 amies et associées, nous racontent d'ailleurs avec beaucoup d'humilité leurs victoires (des anciens élèves vraiment bien dans leurs baskets et leur vie) comme leurs difficultés et les ajustements qui ont été décidés dans chaque cas. On sent que la communication et l'empathie sont vraiment au centre de leurs préoccupations (nous aurons d'ailleurs toute une présentation sur la CNV, Communication Non Violente). La Bienveillance qui se dégage d'elles résume à elle seule le projet (au prix d'un travail sur soi continuel pour identifier et désamorcer les tsunamis émotionnels pour ne pas en faire pâtir les autres) et rien que le fait d'être dans ce lieu me fait sentir libre d'être qui je suis...

Il était une fois... les Sciences :)
Ici, on ne parle pas de classe mais d'Ambiance
(d'où l'importance de soigner celle-ci)
Un échantillon du matériel Montessori des maternelles pour
préparer l'apprentissage de la lecture (avec des lettres rugueuses),
de la géométrie (en manipulant des formes), de l'arithmétique, ou
encore apprendre à verser de l'eau ou se faire une tartine de beurre...
La yourte des arts où les enfants laissent librement
cours à leur créativité. 2 autres yourtes accueillent
le collège.
Une des lois de l'Univers mise très concrètement en pratique:
Rien ne se perd, rien ne se crée !
Après le repas, chacun lave son assiette
sans gaspiller d'eau !

Ces bonnes ondes se transmettent naturellement à notre petit groupe, 14 stagiaires venant d'univers bien différents, mais ayant tous à coeur de construire un monde meilleur. Beaucoup de jeunes parents d'ailleurs... Parmi eux, 2 demoiselles directement issues de cette pédagogie pour l'avoir expérimenté elles mêmes dans leur enfance, se détachent. On les sent en effet à la fois très respectueuses des autres et très libres dans leur façon d'être et de penser. L'une d'elles va d'ailleurs enseigner aux Maternelles du Hameau à la rentrée :)

L'école buissonnière...
Direction la délassante rivière en contrebas
au coeur des Gorges de l'Ardèche...

De présentations en jeux, de films (sur d'autres écoles alternatives dans le monde) en débats, je passe en mode éponge et essaye de retenir durant ces 3 jours le maximum de cette précieuse façon de faire les choses (aidée en cela par la délicieuse cuisine de Corinne, la maîtresse des fourneaux, qui me fait même oublier mes envies habituelles de chocolat !). Mais contrairement à d'autres stages, ce savoir passe par l'émotionnel, par l'Etre, et c'est mon enfant intérieur qui ressort profondément gravé de cette façon de voir le monde, vision que je vois déjà 1000 façons d"exploiter et de transmettre aux futurs petits colibris du Jardin d'Elsee...

ps: pour ceux qui ont envie d'en savoir +, n'hésitez pas à me demander ou à lire le livre de Sophie, "La Ferme des Enfants" où sa démarche est parfaitement résumée.



lundi 22 juillet 2013

Un jour au Cirque...

Il fait décidément trop chaud pour travailler ! Ca tombe bien, il y a un festival de cirque ce week-end dans la région. Avec une amie circassienne venue de Paris pour l'occasion, et après un petit pique-nique à l'ombre de la yourte, nous passons une journée bohême mais néanmoins éclairée entre jeux en bois (que nous nous empressons d'analyser Alex et moi pour en créer à notre façon), spectacles pour enfants, et sympathique petit spectacle sous chapiteau mené de main de maître par une famille d'artistes et leurs 3 enfants.

J'en profite pour glaner quelques idées et contacts pour mes futures animations au Jardin ;) Une journée de repos certes, mais toujours constructive !

Ambiance bucolique et bon enfant au Jardin !
Petite cigale, te transformeras-tu en Prince ?


La compagnie Tyrnanog et ses très poétiques spectacles
pour tout petits dans la caravane cocon
Au paradis des saltimbanques
Des enfants de la balle !