Il est né le divin enfant... Après moult péripéties et des retouches à n'en plus finir, on n'y croyait plus (et je ne réalise pas encore d'ailleurs) mais ça y est, elle est là, l'Attendue, la clé de voûte du projet, la Yourte !!! Retour en images sur le comment du pourquoi :)
1978, je nais et je me dis que ce serait sympa de créer une ferme thérapeutique avec des ateliers et des spectacles sous chapiteau. Bon, j'exagère un peu mais l'idée est là. Il y a quelques mois, fin février dernier, le rêve commence à prendre corps grâce à Georges Berger, un habitant du coin et une connaissance de la radio FDL où je suis bénévole, qui, en + d'être très impliqué au niveau associatif côté thérapies alternatives, vend, vous l'aurez compris, une yourte mongole. Je saute tout de suite sur l'occasion en même temps que dans mon vol pour le Maroc. Cette yourte, elle est pour moi, je la réserve ! Un autre acheteur est sur le coup mais il se désistera, hihi :) Sauf que, bienheureuse inconsciente, je ne réalise pas alors qu'il ne s'agit pas de sortir son carnet de chèques pour l'obtenir...
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La première chose est que cette yourte ne peut pas reposer directement sur le sol. Elle doit être surélevée pour des questions d'humidité et Georges me parle de réaliser un plancher en lames de terrasse sur plots de béton. Une simple formalité d'après lui ! A cette époque, je reçois Alain de Kalikasan et lui parle de cette option mais lui m'oriente plutôt sur un plancher en pin Douglas qu'il se charge de me commander. Jusque là tout va bien. Sauf que, les fervents lecteurs de ce blog le savent déjà, la météo s'en mêle (s'emmêle aussi d'ailleurs), la lasure également (toujours pour des raisons d'humidité) et la formalité se transforme en un chantier sans fin. Mais le soleil finit par refaire son apparition et avec lui les choses s'accélèrent. Alain revient et fixe les planches désormais lasurées (planches que j'amène, vous vous en moquez mais bon, avec ma pauvre petite brouette à l'autre bout du terrain, et mine de rien c'est lourd surtout que le terrain est bien défoncé avec les multiples passages du quad et autres véhicules remorqués). Aie ! Aurait-il mal compté? Il manque 10 planches ! Je vois le rêve s'évanouir à nouveau. Alain vérifie sur ses plans, c'est un oubli de la scierie. La structure en bois étant plus grande que la superficie de la yourte, il s'arrange pour couvrir au moins la surface de la yourte avec les planches que nous avons à disposition (et programme un dernier passage pour finir le travail). C'est bon, on pourra quand même installer la yourte demain comme prévu ! Sauf que la météo s'annonce menaçante pour le lendemain...
Malgré tout, c'est un George bien motivé accompagné de son ami Manu (un habitué du montage et démontage des yourtes et qui fait d'ailleurs une sorte de zoothérapie en toute modestie avec ses chevaux et le foyer de vie de Moulins Engilbert) qui arrive en ce beau samedi après-midi (quelque peu orageux mais aucune goutte ne viendra perturber notre affaire) la fourgonnette remplie de baguettes et de toiles en tout genre. C'est parti pour 5 heures de montage pas de tout repos...
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Au départ, on pose la porte, et quand je dis on pose, c'est on pose. On ne fixe rien au sol. C'est le principe des yourtes, tout est auto-porté, les différents poids venant s'équilibrer pour créer la stabilité de l'ensemble (on peut même grimper sur le toit à la fin!). Mais au début, ce n'est pas si simple. Sur la porte on vient accrocher de chaque côté l'ossature de la yourte, une sorte de grand treillis en 4 ou 5 parties qu'on encastre les unes dans les autres avant de les accrocher ensemble avec des cordes. Jusque là ça parait simple et ça va d'ailleurs très vite. Sauf qu'apparaît tout de suite un problème majeur. Chaque treillis doit être à la même hauteur que l'autre et quand on tire sur l'un, ça fait bouger l'autre. Bref, un vrai casse-tête chinois, euh mongol ! On refait et redéfait les cordes jusqu'à arriver à nos fins. Mais ce n'est que le début du casse-tête.
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On place au milieu de la yourte son mât, un rond central soutenu par 2 poteaux, qu'on fixe également avec des cordes aux 4 coins de la structure. OOoh, ça commence à ressembler à un joli carrousel ! C'est là qu'il faut installer les piquets allant du haut du mât aux différentes parties du treillis, un petit trou étant prévu par piquet (une cinquantaine). Un petit jeu amusant a priori sauf que, l'ensemble étant auto-porté comme je disais plus haut, le moindre tressaillement de la structure fait que les dits piquets retombent. Commence alors une harassante partie de mikado mongol où chacun y va de sa solution (attacher la porte au quad, tenir l'un ou l'autre treillis...). L'équilibre finit malgré tout par se faire et on peut enfin terminer le travail sereinement, nouer chaque piquet au treillis, mettre un petit coup de marteau (merci Nadia ;)) pour bien l'enfoncer dans le mât et le tour est joué !
Après l'ossature, place au revêtement. Ou plutôt auX revêtementS. Car il n y a pas moins de 4 couches, une première avec une toile de coton assez fine que l'on encadre autour de la porte avant de la faire glisser tout le long de la structure pendant que Fred, perché sur son escabeau à l'intérieur de la yourte et la tête dépassant par le rond central, noue les liens de chaque toile au mât. Vient ensuite le fameux feutre de mouton, celui qui créé toute l'isolation (mais qui est très sensible à l'humidité d'où les bâches suivantes). Celui ci, très lourd, se pose en 2 parties, sur l'avant et l'arrière de la yourte. Puis, on place une autre toile vert kaki façon militaire, et enfin la toile finale, celle qu'on voit de l'extérieur. On consolide le tout avec de la grosse corde sur 3 niveaux, saucissonnant toute la yourte, puis on ajoute la touche finale: le toit, une autre bâche qui peut s'ouvrir via un système de lancer de cordes, à pratiquer... Cette bâche de toit est reliée à des gros poids qui viennent lester la yourte de part et d'autre, rendant l'ensemble vraiment solide, ingénieux ces mongols ;) George nous laisse également 2 autres toiles extérieures (+ légères mais très jolies, que l'on pourra toujours ajouter par dessus mais uniquement pendant les beaux jours) ainsi qu'une toile intérieure pour recouvrir l'ossature bois (ce qui serait dommage) mais non obligatoire.
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Comme même-quand-c'est-fini-ce-n'est-jamais-fini, George nous annonce qu'il faudra quelque peu repriser le feutre de mouton, déchiré par endroit, et songer éventuellement à le remonter avec des ourlets tout le long pour éviter que celui-ci ne touche le sol. La pluie commençant à s'annoncer, nous remontons celui-ci provisoirement à la main et mettons la toile intérieure pour protéger des courants d'air. Nous avons en effet pour projet de dormir là cette nuit mais finalement, la fatigue étant bonne conseillère pour le coup, nous préférons repousser cette première nuit à un beau jour d'été où nous pourrons dormir le ciel étoilé comme plafond :) Il y aura aussi la lasure à faire (mais une lasure transparente cette fois pour garder le côté clair et naturel du parquet) mais chut, pour l'instant, profitons juste de cette belle image de notre nouveau bébé dans son habitat naturel... A très bientôt !