dimanche 28 octobre 2012

Autant en emporte le mulch

Le rosier d'Alice repart de plus belle !
Qui dit Jardin d'Elsee dit Jardin, on aurait presque tendance à l'oublier ! Et lorsque comme ce matin, l'hiver s'annonce avec -3 au thermomètre, on se dit qu'il est temps de préparer la terre pour le printemps suivant. Je rappelle qu'il n y a que 6 mois je n'y connaissais absolument rien et le "mulch" était pour moi une sorte de lutin des forêts profondes scandinaves. Et pourtant l'heure est venue de préparer mon premier mulch, à savoir le processus qui consiste à recouvrir/pailler le sol d'un mélange de foin/paille/fumier/feuilles mortes/branchages/déchets verts en tout genre. Ceci dans le but de protéger ce dernier des rigueurs de l'hiver, de faire travailler nos amis les vers de terre et autres charmants insectes microscopiques en décomposant la masse ainsi obtenue, ce qui permet d'aérer et de nourrir le sol tout en créant l'espace nécessaire pour les racines des futurs plants. Bref, que des avantages! Cette méthode de jardinage, ô combien recommandée, remplace les méthodes classiques (encore majoritaires malheureusement) qui consistent à laisser le sol nu, à le défricher, à arracher les mauvaises herbes et à le bourrer d'engrais et de pesticides car forcément un tel sol devient vite stérile. Je vous recommande d'ailleurs à ce sujet un excelleeeeent documentaire "Les Moissons du Futur" (personnellement, moi qui ne me passionne pas pour l'agronomie à la base, il m'a retournée la tête et a donné un sens à mon installation ici, rien que ça!). De +, cette méthode demande finalement beaucoup moins de travail que la méthode classique (puisqu'on laisse les vers de terre faire le boulot). Enfin sur le papier en tout cas... Car quand, comme moi, on n'est même pas équipé d'une brouette, on se retrouve à utiliser la poubelle ménagère pour transporter le dit mulch du pré des animaux (et oui tout est lié!) jusqu'à sa destination définitive, à savoir le carré de haies de hibiscus et le mini potager (trop à l'ombre donc l'année prochaine je le réserve pour des fleurs bien spécifiques). J'en profite du coup pour faire les boxes et récupérer en même temps le précieux "or brun" de mes amis équidés. Il fait très froid et le vent souffle pour ne rien arranger (mais il règne un très beau soleil) mais je tombe pourtant vite le manteau à faire de multiples aller-retours avec la dite poubelle. Le jardin est encore bien vert donc pour l'instant j'ai surtout nourri les pieds des haies avec le fumier et je remettrai une couche de paille sèche lorsque la végétation plongera dans le sommeil de l'hiver (ce qui normalement empêchera les mauvaises herbes au printemps et limitera considérablement les arrosages l'été).

Il est pas beau mon fumier ?

Et voilà ! Résultat de la potion magique au printemps


Au rayon des travaux d'automne, j'ai (enfin!) reçu la semaine dernière ma botte de foin (achetée au fils d'une de mes voisines, et pas à un prix d'ami...). Mais je n'avais pas trop le choix. J'avais laissé par mégarde la porte du stock ouverte (qui communique avec le box de Balkan et Eglantine) et je vous laisse deviner où j'ai retrouvé ces 2 derniers le lendemain matin! Dans le pré, plus un brin d'herbe non plus donc l'urgence était réelle (pourtant ça fait déjà 2 mois que j'harcelais tout le monde pour en avoir lol, mais en fait ce n'est pas si évident, les agriculteurs préfèrent en général garder leur récolte de foin pour leur propre bétail). Bref, j'ai donc reçu ma botte mais sans en être avertie. De +, forcément, elle était super lourde à pousser et on me l'avait laissée devant la petite porte (alors qu'il y a une porte fait exprès derrière) du coup j'ai dû la déballer sur place alors que la nuit tombait et transporter le + vite possible à la main de grandes brassées jusqu'au box de stockage. N'y voyant plus rien au bout d'un moment, je me suis résignée à mettre le restant sous bâche et à finir le lendemain sous la pluie, sympa... Mais on n'est jamais + efficace que quand on n'a pas le choix donc 2 heures et quelques + tard, les 140 kg de foin étaient rentrés remplissant le box quasiment en intégralité. Et j'ai eu 5 mn pour me passer un coup d'eau sur la figure, boire un grand coup aussi et emmener Clochette à sa session d'agility ! Il y a des jours comme ça lol.


Je l'ai dit + haut, il n y a plus un brin d'herbe dans l'enclos donc j'en ai ouvert un autre, très provisoire et amovible derrière les box avec les piquets de clôture qu'il me restait et du ruban. Je n'ai pas électrifié l'ensemble, ça ne sert à rien, ils sont tellement heureux d'y être que j'ai bien du mal à les faire rentrer le soir ! 


Il y en a une par contre qu'il est facile de faire rentrer, et même dans la maison maintenant (!), c'est Pimprenelle. Je l'ai laissée rentrer dans le jardin au départ mais elle me suit comme un petit chien! Elle rentre dans la maison, mais si je ressors ou qu'elle ne me voit plus, elle repart aussi vite. Il y a une chèvre au refuge (celle de Christelle, la patronne) qui est ultra sociable et qui vit dedans comme dehors, et j'avoue que j'avais un petit pincement au coeur en me disant que la mienne n'était pas comme ça (et je me voyais déjà en élever une au biberon dans ce but), mais finalement si ! En fait, elle a besoin de compagnie en règle générale, qui hennisse, bêle, brait ou parle un langage bizarre. Il faut vraiment que je lui trouve un compagnon (de son âge donc qui sera déjà robuste et moins sujet aux maladies...) mais, à moins qu'on me le mette dans les pattes (les K/Christelle sont très douées pour ça ;)), je reprendrai les recherches au printemps maintenant. 

mercredi 17 octobre 2012

Les délices de l'été indien

Mais que sens-je? Une douce brise vient chasser les premiers frimas de l'hiver. Allez c'est le moment où jamais ! Après un petit tour au canal avec les chiens, j'aère bien grand toute la maison pour faire rentrer cette douceur bienvenue. J'ai même envie de chanter et je me fais mon petit récital improvisé dans le jardin. Après la triste épreuve que nous venons de traverser, il souffle à nouveau comme un vent d'insouciance sur le Jardin d'Elsee même si je reste consciente que la vie est bien fragile et bien belle malgré tout. Et ce petit air de folie semble contaminer les habitants du Jardin, la preuve en images !

Héloïse se prend pour un chien...

et Pan-Pan pour une peluche !
(sous l'oeil de sa nounou à plumes bien entendu)
Arto se fait végétarien...
Attention, ça va très vite !

Et pour la peine, se fait piquer son panier !

Quant à la biquette...
"Tiens, l'herbe a l'air plus verte de ce côté !"
Ni vue, ni connue...
J'ose? Non, quand même pas...



vendredi 12 octobre 2012

Un ange de + dans le ciel...

Muscade s'en est allé... Par une belle éclaircie d'automne. 
Nous (je recevais Nicolas, un couchsurfer canadien qui fait le tour de la France) sommes rentrés de la radio en début d'après-midi comme habituellement après être passés au refuge chercher des chiens pour que Cécile les emmène chez le vétérinaire à Decize. Avant de partir, Cécile m'accompagne au box pour découvrir sur pattes la dernière petite merveille du Jardin.  Là j'entends Pimprenelle qui bêle pour sortir comme habituellement, et j'entends Muscade également mais plus faiblement. J'ouvre le box pour les laisser sortir dans le pré sauf que Muscade est allongé sur le sol, la tête renversée en arrière. Cécile voit tout de suite l'urgence de la situation: les muqueuses buccales du pauvre petit sont glacées. Nous partons immédiatement chez le vétérinaire qui, en le voyant, m'annonce directement (mais non sans grande humanité) la couleur: "Méningite foudroyante. On va tout tenter mais je préfère vous le dire tout de suite. J'ai autant de chance de le sauver que de gagner au loto". On tente malgré tout. Sa température est ultra basse, 32 degrés à peine (il doit faire 39 normalement). Il le perfuse en nous prévenant que cela peut lui refaire remonter sa température comme lui provoquer une crise cardiaque. Muscade résiste à la perfusion, il s'accroche le petit bonhomme, on voit qu'il a envie de vivre, mais sa température ne remonte pas pour autant. Le vétérinaire décide de l'envelopper dans sa couverture avec 2 bouteilles bien chaudes de chaque côté et il le met dans une cage. Nous passons les heures suivantes assis sur le sol à fixer cette cage, à l'accompagner quoi qu'il arrive, qu'il ne meure pas seul surtout :'( 2 heures plus tard environ, sa respiration est très faible mais il se remet à bêler et à bouger les pattes! 2 possibilités: soit c'est la fin soit un miracle peut encore survenir. Le véto le reprend immédiatement, sa température est remontée de 1 degré (mais principalement grâce aux bouteilles d'eau), il le perfuse à nouveau mais là, je le sens moi-même, il s'en va tout doucement, de façon assez paisible pendant que je le caresse :( Quand le véto annonce que c'est fini, je ne m'en rends même pas compte, il a l'air si calme, si serein.... Apparemment il n'a pas souffert c'est déjà ça. Il nous conseille de l'emmener et de l'enterrer dans le jardin.

C'est là que je dis que j'ai les meilleurs amis du monde car Nicolas, qui n'avait rien demandé pourtant le pauvre, se propose spontanément pour creuser sa tombe, et Cécile également. Il pleut à cordes lorsque l'on revient de chez le vétérinaire mais au moment où on commence à creuser, la pluie s'arrête et un magnifique arc-en-ciel apparait juste en face comme un pont pour permettre à notre petit ange de rejoindre le ciel...

Voilà, la mort fait aussi partie de la vie c'est sûr, mais je ne pensais pas qu'elle frapperait si tôt, et un être si jeune en plus. Je le savais chétif, c'est clair. Apparemment il a été sevré trop jeune ce qui fait qu'il n'avait pas les défenses immunitaires suffisantes pour résister à cette bactérie (qui peut être bien tolérée chez des animaux plus résistants) et même pendant son allaitement, il ne devait pas être le premier à la mamelle et surtout à ce fameux liquide de protection que la mère transmet à l'enfant juste après la naissance...

Bien sûr, je me pose mille questions. Et si je l'avais pris plus tard? Et si je lui avais ouvert le matin et pas l'après-midi? Et si c'était contagieux?? (le véto m'a assurée que non à partir du moment où il n'est pas parti en diarrhée). Et si, et si, et si... Apparemment je n'y suis pour rien, même par ignorance, ça arrive de temps en temps, même aux humains d'ailleurs. Je suis heureuse malgré tout d'avoir pu rester jusqu'au bout avec lui, moi qui ait si peur de la mort et de ce moment fatidique justement où tout s'arrête, où le corps n'est plus qu'une coquille vide....

Bon voyage mon cher petit, on ne t'oubliera jamais... (au printemps prochain, je planterai un joli arbre sur ta tombe afin que ton âme refleurisse printemps après printemps...)



mercredi 3 octobre 2012

Bienvenue Muscade !

Oh ça faisait "longtemps" qu'on avait pas vu un "Bienvenu" par ici !
Le voici, le voilà donc, le dernier arrivé, et le dernier tout court (je sais bien qu'il ne faut jamais dire jamais mais bon...) pour 2012.

Je l'avais réservé il y a de cela 1 bon mois auprès d'une famille très sympa (ceux dont la mère élève des chèvres angora, voir un des posts précédents). Il a bien sûr fallu attendre qu'il soit sevré puis castré mais le voilà !

En arrivant dans l'enclos, je repère 2 petits. "Oh, vous avez eu d'autres bébés?". "Mais non, c'est eux!". Même 1 mois après, lui et son frère sont encore tout petits, même Pimprenelle est énorme à côté de lui, et un premier problème se pose: il va passer à travers le grillage... Bon, chaque chose en son temps. Il est adorable en tout cas, d'un très joli marron chamoisé avec de beaux reflets et des petites pampilles :) Je le prends dans mes bras (un poids plume!), l'installe dans le coffre de la voiture et c'est parti ! Il bêle les premiers kilomètres mais se calme assez vite finalement et s'endort sur la paille. 

1er "tête à tête"...

En arrivant à la maison 1 heure après environ, je le mets dans le box de Balkan et Pimprenelle le temps de le laisser reprendre ses esprits. Je lui mets du foin qu'il mange de bon appétit, c'est bon il est bien sevré :) Je le laisse quelques heures puis introduit Pimprenelle afin de les laisser faire connaissance. La miss est plutôt sur la défensive, pas vraiment agressive mais méfiante. Elle pointe ses cornes, se dresse sur ses pattes arrière pour l'intimer de ne pas approcher mais elle reste néanmoins curieuse. J'ouvre ensuite grand la porte du box pour le laisser découvrir le pré et là c'est Eglantine (l'ânesse) qui se met à courser le pauvre chevreau jusqu'à devenir franchement agressive ! Le petit ne sait plus où se mettre alors je le prends dans mes bras et l'emmène dans le jardin. Cette fois, c'est au tour des chiens et de la chatte de s'approcher du nouveau venu. Clochette fait son chien de berger en lui tournant et retournant autour, Arto choisit lui de venir me faire un câlin (genre tu m'aimes encore einh? ok, tout va bien alors) et Héloïse est elle complètement fascinée. Et Muscade aussi a l'air de beaucoup apprécier la minette, l'invitant même à jouer. 





Ne pouvant pas laisser le petiot dans le jardin (car tout n'est pas fini de clôturer en maille fine) et devant travailler un peu quand même (!), je décide de le faire entrer dans la maison. Il en est très content, se montre très curieux, et finit même par grimper sur le canapé acceptant sans sourciller mes caresses :) C'est à contrecoeur que je le ramène dans le pré pour aménager son box (je gardais celui-ci pour le stockage du foin mais pour l'instant, je pense qu'il vaut mieux qu'il reste seul le temps de se faire accepter par les autres en tout cas). D'ailleurs, ça va déjà mieux, l'ânesse le surveille encore d'un mauvais oeil mais ne l'agresse pas à nouveau (il faut dire que je veille au grain et elle le sait!!), Pimprenelle aussi a l'air plus sereine. Quant à Balkan, rien ne le détourne de son herbe lol. 

Dis, on peut le garder à la maison, stp stp !!
C'est donc ainsi que se termine la première journée (mouvementée) de Muscade dans le Jardin d'Elsee. D'autres aventures à venir très bientôt !